Compte épargne, ETF, épargne-pension, bons d'État, assurance-vie — chaque produit a sa fiscalité et son public. Nouveauté 2026 : taxe de 10% sur les plus-values. On démêle tout pour savoir quel produit choisir et comment optimiser.
Le gouvernement De Wever I a introduit, à compter du 1er janvier 2026, une taxe de 10% sur les plus-values des actifs financiers (actions, ETF, obligations, crypto, branches 21 et 23). La loi a été votée le 3 avril 2026.
Les plus-values historiques (acquises avant le 31 décembre 2025) restent définitivement exonérées, et chaque personne bénéficie d'une exonération annuelle de 10 000 € (jusqu'à 15 000 € avec report). L'épargne-pension reste totalement exemptée.
L'épargne et la fiscalité financière sont en Belgique essentiellement fédérales — les taux et règles sont les mêmes partout. La région n'intervient quasiment pas (sauf pour la fiscalité immobilière et les droits de succession).
Quatre mécanismes structurent désormais tout : le précompte mobilier (30%) sur les revenus des placements, le précompte réduit (15%) sur le compte épargne réglementé au-delà de 1 020 € d'intérêts, la réduction d'impôts liée à l'épargne-pension et l'épargne à long terme, et la nouvelle taxe de 10% sur les plus-values réalisées dès 2026.
Le défi est de combiner ces produits selon ton profil : sécurité ou rendement, court terme ou long terme, liquidité immédiate ou capital bloqué. Il n'existe pas un produit "meilleur que les autres" — il y a un mix optimal selon ta situation.
Le classique belge. Argent disponible immédiatement, capital garanti, intérêts exonérés jusqu'à 1 020 €/an/personne. Au-delà, précompte réduit de 15% (et non 30%). Rendement faible (généralement 0,5 à 2,5%).
Émis par l'État belge, plusieurs durées disponibles. Précompte mobilier de 30% à la source (taux standard depuis l'émission exceptionnelle 15% de 2023). Concurrence directe au compte épargne pour les gros montants.
Fonds indiciels diversifiés. Frais bas, accessibles dès quelques euros. Nouveau 2026 : taxe plus-values de 10% à la revente (avec exonération 10 000 €/an). TOB à l'achat/vente. Rendement long terme historique : 5-7%.
Réduction d'impôt de 30% jusqu'à 1 050 € (revenus 2026), ou 25% jusqu'à 1 350 €. Capital bloqué jusqu'à 60 ans. Exemptée de la nouvelle taxe plus-values. Idéal indépendants comme salariés.
Assurance-vie de la branche 21 ou 23. Réduction d'impôts de 30% sur primes (max 2 450 €) si tu n'as pas d'emprunt hypothécaire saturant. Branches 21/23 désormais soumises à la taxe plus-values 10%.
Plus de potentiel mais plus de risque. Précompte 30% sur dividendes (1ère tranche de 859 € exonérée via déclaration). Plus-values désormais taxées à 10% au-delà de 10 000 €/an.
| Élément | Règle 2026 |
|---|---|
| Taux | 10% sur les plus-values réalisées (vs 0% avant 2026) |
| Date d'entrée en vigueur | 1er janvier 2026 (loi votée le 3 avril 2026) |
| Actifs concernés | Actions, obligations, ETF, fonds, crypto, branches 21/23, dérivés, or d'investissement |
| Exonération annuelle | 10 000 €/personne (couple = 20 000 €), reportable jusqu'à 15 000 € |
| Plus-values historiques | Définitivement exonérées (valeur de référence : 31 décembre 2025) |
| Produits exemptés | Épargne-pension, assurance groupe (2e pilier), EIP, PLCI |
| Méthode de calcul | FIFO (premier entré, premier sorti) pour les achats échelonnés |
| Donations / successions | Pas d'imposition immédiate, mais le prix d'acquisition initial reste pris en compte |
Pour les détenteurs d'une participation significative dans une société (≥ 20%), un barème progressif s'applique : 1,25% jusqu'à 2,5 M€, 2,5% jusqu'à 5 M€, 5% jusqu'à 10 M€, 10% au-delà — avec un seuil d'exonération du premier million étalé sur 5 ans.
Pour l'épargne et l'investissement, la région n'a presque pas d'impact. La seule différence notable est l'additionnel régional sur l'IPP qui ajoute quelques pourcents à ton impôt fédéral. Cet additionnel est légèrement plus bas en Flandre, identique entre Bruxelles et la Wallonie.
En revanche, sur les droits de succession, les écarts entre régions sont énormes (parfois du simple au double). Si tu construis un patrimoine, la région où tu domicilies tes enfants comptera plus que celle où tu vis toi-même.